Raser (verbe)


Signification de l'Académie française (éd. 1932-35)

Verbe 

Tondre, couper le poil tout près de la peau avec un rasoir. "Se , se faire la barbe. Se faire la tête. On condamnait autrefois les femmes convaincues d'adultère à être rasées et enfermées dans un couvent."
Il se dit particulièrement en parlant de la Barbe; et alors il s'emploie toujours absolument. "Un coiffeur qui rase bien, qui rase mal, qui ne rase pas assez près. Un rasoir" qui "rase mal. Se faire . Se soi-même."
Prov. et fig., "Un barbier rase l'autre," se dit Lorsque des gens d'une même profession, ou ayant un intérêt commun, se soutiennent, se louent réciproquement.
RASER, en parlant d'un Édifice, d'un bâtiment, signifie Abattre à ras de terre. "Raser une maison. On a rasé les fortifications, les défenses de cette ville. Raser une place."
"Raser un vaisseau," Ôter à un vaisseau la partie supérieure de ses oeuvres mortes. "On a rasé ce bâtiment pour en faire un ponton."
RASER signifie encore Passer tout auprès, effleurer. "Un boulet de canon lui rasa l'épaule. Une balle lui rasa le visage. Une hirondelle qui rase le sol, la surface de l'eau. Ce charretier a rasé la borne. La balle du joueur a rasé la corde, le filet. Le bâtiment rasa un écueil. Nous rasâmes le rocher de bien près."
"Raser la côte," Naviguer le long de la côte. "La flotte rase la côte."
"Raser les murs" se dit de Quelqu'un qui, en marchant, passe tout près des murs, afin d'échapper le plus possible aux regards. Figurément, il se dit de Quelqu'un qui essaie de passer inaperçu.
En termes de Manège, "Ce cheval rase le tapis," Ses épaules ont peu de mouvement, et il ne relève point assez en marchant; les pieds sont trop près de terre, il va butter.
Absolument, "Ce cheval rase, commence à ," Il ne marque presque plus; la cavité des dents incisives ne paraît plus, ou presque plus.
En termes de Chasse, "Se , être rasé," se dit d'une Perdrix ou d'un lièvre qui se tapit le plus qu'il peut contre terre pour se cacher. "Les perdrix se rasent quand elles aperçoivent l'oiseau. Ce lièvre était rasé dans son gîte."
RASER, dans le langage populaire, signifie Ennuyer par des propos longs et oiseux.



Dictionnaire d'Emile Littré

Verbe 



 1   Couper le poil tout près de la peau. Raser la tête. Ils ne se rasent jamais le menton.
VOLT.: « Une des plus difficiles entreprises du fondateur [le czar Pierre Ier] fut d'accourcir les robes, et de faire les barbes de son peuple ; ce fut là l'objet des plus grands murmures »
    Absolument, se dit pour la tête, en parlant des personnages politiques qu'au moyen âge on enfermait dans les couvents.
DUMARS.: « Après cette réponse favorable [du pape], Pépin fut sacré roi à Soissons par les évêques, avec le suffrage unanime des grands et du peuple, et Childéric rasé et mis dans un monastère »
VOLT.: « Les vainqueurs se contentèrent de faire l'impératrice, de la mettre en prison en Lombardie.... »
    Familièrement. Ruiner, anéantir.
GUI PATIN: « Toutes ces belles espérances ont été rasées par une dyssenterie »

 2   Il se dit particulièrement de la barbe, et alors il se dit sans le mot barbe.
PASC.: « Que le prédicateur vienne à paraître ; si.... et que son barbier l'ait mal rasé »
SÉV.: « Il sollicitait l'autre jour à Rennes avec une grande barbe ; quelqu'un lui demanda pourquoi il ne se faisait point .... »
    Absolument. Un perruquier qui rase bien. Ce rasoir rase mal.

 3   Abattre, démolir une construction rez terre.
SACI: « Si vous ne me remettez Judas lié entre les mains, je ai jusqu'en terre ce temple de Dieu »
ROLLIN: « Rien ne fut plus capable de flatter ce peuple [romain] que la promptitude avec laquelle le consul Publicola fit dans une nuit sa maison, sur quelques murmures qu'on faisait contre sa situation élevée »
    On dit de même : une place.
VOLT.: « On lui impose [au landgrave de Hesse] pour condition de venir embrasser les genoux de l'empereur, de toutes ses forteresses, à la réserve de Cassel ou de Ziegenheim.... »

 4   Il se dit du canon qui démolit les parties supérieures d'une fortification.
PELLISSON: « Ceux qui raisonnent croient communément qu'on sera sur la contrescarpe la nuit du samedi au dimanche, après avoir rasé avec le canon une partie des ouvrages »
    Terme de marine. Raser un navire, lui enlever une certaine partie de ses oeuvres mortes pour l'alléger.
    Lui abattre ses mâts dans un combat.

 5   Passer tout auprès.
SAINT-SIMON: « Harlay rasait toujours les murailles pour se faire place avec plus de bruit »
FONT.: « Il [Cassini] avait pris ses mesures si justes, que la méridienne alla les deux dangereuses colonnes qui avaient pensé faire tout manquer »
MARIV.: « Je les y menai en rasant la muraille »
VOLT.: « ....Une lame de couteau ou de verre dont la pointe est rasée par les rayons du soleil dans une chambre obscure ; on sait que les rayons s'infléchissent, se portent vers cette lame.... »
J. J. ROUSS.: « Les rayons du soleil levant rasaient déjà les plaines »
BEAUMARCH.: « D'abord un bruit léger rasant le sol de la terre comme l'hirondelle avant l'orage »
    Raser la côte, naviguer le long de la côte.
LAMART.: « Montons sur ma barque légère, Que ma main guide sans efforts, Et de ce golfe solitaire Rasons timidement les bords »
    Fig. Raser la terre, se tenir dans une condition humble et retirée.
CARACCIOLI: « Je ne fais que la terre, et je m'en console »

 6   Passer tout auprès avec rapidité. Ce cocher a rasé la borne. La balle du joueur a rasé la corde. Une balle lui rasa le visage, et, familièrement, lui rasa la moustache.
SCARR.: « [Mercure] Vient, rasant le bord lybien, Fondre où le prince phrygien, Avec Didon d'amour ravie, Menait une fort laide vie »
BOILEAU: « Boirude fuit le coup : le volume effroyable Lui rase le visage »
VOLT.: « Sur l'herbe tendre elles formaient leurs pas, Rasant la terre et ne la touchant pas »
VOLT.: « Les hirondelles qui rasent la terre annoncent la pluie »
BUFF.: « Je demande s'il n'est pas probable qu'il tombe de temps à autre des comètes dans le soleil, puisque celle de 1680 en a, pour ainsi dire, rasé la surface »
DELILLE: « [Un oiseau qui] Rase tantôt la rive et tantôt les prairies »
    Terme de fauconnerie. Raser l'air, se dit de l'oiseau qui plane.
LA FONT.: « L'herbe l'aurait portée ; une fleur n'aurait pas Reçu l'empreinte de ses pas ; Elle semblait les airs, à la manière Que les dieux marchent dans Homère »

 7   Terme de manége. On dit qu'un cheval rase le tapis, lorsque, dans ses allures, il ne relève pas assez les pieds et semble glisser à la surface du sol.

 8   Terme de métallurgie. Faire la tuyère dans un fourneau, en diminuer l'inclinaison.

 9   Dans l'argot des artistes actuels, , contraindre quelqu'un à vous écouter en lui tenant des discours ennuyeux ; la métaphore est prise du barbier qui vous tient dans son fauteuil et vous force d'entendre ses bavardages pendant qu'il opère.

 10   V. n. En termes de vétérinaire, on dit qu'un cheval rase ou a rasé, lorsque la cavité de ses incisives s'efface ou est déjà effacée ; alors on ne peut plus connaître son âge à ses dents.

 11   Se , v. réfl. Se faire la barbe. Savoir se .
PASTORET: « Scipion Émilien fut le premier romain qui se rasa tous les jours »
    Il signifie quelquefois se faire . Il se rase rarement. Quand voulez-vous vous ? Je ne veux me que demain.

 12   Terme de chasse. Se , se dit du gibier qui s'étend à ras le sol pour n'être pas vu.
    Il se dit d'une semblable attitude chez tout animal. Il [le tigre] avait pris l'attitude que les chasseurs de tigres et de panthères appellent se ; il était resté immobile sous les branches, les yeux fixés sur son ennemi, et le corps aplati contre terre, ANAÏS SÉGALAS, Feuilleton de l'Écho d'Oran, du 16 mai 1867.

 13   En termes de construction de chemin de fer, se , suivre le niveau du sol. Quand on se rase au niveau des vallées, on ne trouve certainement ni tunnel, ni viaduc à faire, Moniteur universel, 5 juin 1868, p. 776, 4e col.

PROVERBE Un barbier rase l'autre, se dit de gens qui se soutiennent et se louent réciproquement.

HISTORIQUE
    XIIème siècle
     Job, p. 446: Cil rasarent lor barbes
     Sax. IX: Il i out mis du feu tout rasé un tonel [un tonneau plein de feu à ras] ; Les douves sont emprises, si rompent li cercel
     Rou, ms. p. 58, dans LACURNE: Mout [ils] ont lor ennemis rasez et damagiez ; Mout ferirent bien tuit [tous] de bonne volenté
    XIIIème siècle
     Bl. et Jeh. 4151: Le fort haubert [il] lui dessartit, L'espée lui rase au costé, Si que du cuir lui a osté
    XIVème siècle
     Hugues Capet, V. 3799: [à] ung chevallier [il] donna De l'espée tel cop que le bras ly rasa
     Guesclin. 21416: Sire, dit un bourjois, qu'on nommoit Tolomer, Avez-vous si tost fait telle ville ?
    XVème siècle
E. DESCH.: « De venir les queues [tonneaux] [racler] »
COMM.: « Et fit razer toutes les tours et murailles »
DU CANGE: « Le suppliant, pour doute que icellui Jouel ne lui fist pis, se rasa de lui [se rangea], et sacha son espée du fourreau »
    XVIème siècle
MAROT: « Et ne convient que le los on me rase [enlever, faire perdre], D'avoir passé le haut mont de Caucase »
MONT.: « Aultrement le coup, qui ne lui raza que le dessus de la teste... »
AMYOT: « On leur rasoit les cheveux, on les faisoit aller deschaux »
CALV.: « En parlant des vertus royales, il met ceste-ci au nombre, de les meschans de la terre »
D'AUB.: « Lansac faisant lever ses ancres fit contenance de descendre en Ré, et en rasant l'isle.... »

ÉTYMOLOGIE
    Ras 1 ; wallon, rezé. Radere avait donné raire.


1ère signification éditée en 1835 par l'Académie Française

Verbe 


Tondre, couper le poil tout près de la peau avec un rasoir. "Se , se faire la barbe. Se faire la tête de temps en temps. Il faut qu'un chirurgien sache . On condamnait autrefois les femmes convaincues d'adultère à être rasées et enfermées dans un couvent."
Il se dit, particulièrement, en parlant De la barbe; et alors il s'emploie toujours absolument. "Se faire par un barbier, par un valet de chambre. Un perruquier qui rase bien, qui rase mal, qui ne rase pas d'assez près. Un rasoir qui rase mal. Se faire souvent."
Il s'emploie, dans la même acception, avec le pronom personnel. "Se soi-même. Savoir se ."
Il signifie quelquefois, Se faire . "Il se rase rarement. Quand voulez-vous vous ? Je ne veux me que demain."
Prov. et fig., "Un barbier rase l'autre," se dit Lorsque des gens d'une même profession, ou ayant un intérêt commun, se soutiennent, se louent réciproquement.



2ème signification éditée en 1835 par l'Académie Française



en parlant D'un édifice, d'un bâtiment, signifie, Abattre rez pied, rez terre. "Raser une maison. On rasait rez pied, rez terre les maisons des criminels de lèse-majesté. On a rasé les fortifications, les défenses de cette place." On dit dans le même sens, "Raser une place."
"Raser un vaisseau," Ôter à un vaisseau la partie supérieure de ses oeuvres mortes. "On a rasé ce bâtiment pour en faire un ponton."



3ème signification éditée en 1835 par l'Académie Française



signifie, figurément, Passer tout auprès avec rapidité. "Un boulet de canon lui rasa l'épaule. Une balle lui rasa le visage," et familièrement, "lui rasa la moustache. Les hirondelles rasent quelquefois la terre, la surface de l'eau. Ce cocher a rasé la borne. La balle du joueur a rasé la corde."
Il signifie quelquefois simplement, Effleurer, passer tout auprès. "Le bâtiment rasa un écueil, et pensa périr. Nous rasâmes le rocher de près, de bien près."
"Raser la côte," Naviguer le long de la côte. "La flotte rase la côte."
En termes de Manége, "Ce cheval rase le tapis," Ses épaules ont peu de mouvement, et il ne relève point assez en marchant; les pieds sont trop près de terre, il va butter.
"Ce cheval rase, commence à ," Il ne marque presque plus; la cavité des dents incisives ne paraît plus, ou presque plus. Dans ce sens, "Raser" est neutre.
En termes de Chasse, "Se , être rase," se dit D'une perdrix ou d'un lièvre qui se tapit le plus qu'il peut contre terre pour se cacher. "Les perdrix se rasent quand elles aperçoivent l'oiseau. Ce lièvre était rasé dans son gîte."



1ère ancienne définition de 1798 (Académie Française)

Verbe 


Tondre, couper le poil tout près de la peau avec un rasoir. "Se , se faire la barbe et les sourcils. Se faire la tête de temps en temps. Il faut qu'un Chirurgien sache raser. Les femmes convaincues d'adultère sont condamnées à être rasées et enfermées dans un couvent". Il se dit particulièrement De la barbe. "Se faire par un Barbier, par un valet de chambre. Un Barbier qui rase bien, qui rase mal, qui ne rase pas d'assez près. Un rasoir qui rase mal. Se faire souvent. Il est rasé de frais, frais rasé, tout frais rasé. Se soi-méme". On dit aussi, "Se ," pour dire, Se faire . "Il se rase rarement. Quand voulez - vous vous ? Je ne veux me que demain".
On dit figurément et proverbialem. qu'"Un Barbier rase l'autre," Quand des gens d'une même profession, ou qui ont un intérêt commun, se soutiennent ou se louent l'un l'autre.



2ème ancienne définition de 1798 (Académie Française)



Raser, en parlant d'Un édifice, d'un bâtiment, signifie, Abattre rez pied, rez terre. "Raser une maison. On rase rez pied rez terre, les maisons des criminels de Lèse - Majesté". On dit, "Raser une place," pour dire, En les fortifications. "Ces places ont été rasées avant que d'être rendues. Raser les défenses d'une place à coups de canon".



3ème ancienne définition de 1798 (Académie Française)



Raser, signifie figurément, Passer tout auprès avec rapidité. "Un coup de canon lui rasa les bords de son chapeau. Une balle lui rasa le visage;" on dit aussi dans le style familier, "Lui rasa lamoustache". Et l'on dit d'Un vaisseau qui a effleuré un rocher, ou qui a passé tout auprès, qu'"Il a rasé le rocher. La galère rasa un écueil, et pensa périr. Nous rasâmes le rocher de près, de bien près".
On dit, d'Une flotte, qu'"Elle rase la côte," pour dire, qu'Elle navigue le long de la côte.
On dit en termes de Manége, qu'"Un cheval rase le tapis," pour dire, que Ses épaules ont peu de mouvement, et qu'il ne relève point en marchant.
On dit d'Un cheval, qu'"Il rase," qu'"il commence à ," Quand il ne marque presque plus; et dans ce sens il est neutre.
En termes de Chasse, pour exprimer l'action d'une perdrix ou d'un lièvre qui se tapit le plus qu'il peut contre terre pour se cacher, on dit, qu'"Il se rase. Les perdrix se rasent quand elles aperçoivent l'oiseau. Ce lièvre étoit rasé dans son gîte".



1ère signification éditée en 1762 (dictionnaire de l'Académie Française)

Verbe 


Tondre, couper le poil tout près de la peau avec un rasoir. "Se , se faire la barbe & les sourcils. Se faire la tête de temps en temps. Il faut qu'un Chirurgien sache . Les femmes convaincues d'adultère sont condamnées à être rasées & enfermées dans un couvent." Il se dit particulièrement de la barbe. "Se faire par un Barbier, par un valet de chambre. Un Barbier qui rase bien, qui rase mal. Un rasoir qui rase mal. Se faire souvent. Il est rasé de frais. Se soi-même." On dit aussi, "Se ," pour dire, Se faire . "Il se rase rarement. Quand voulez-vous vous ? Je ne veux me que demain."
On dit figurément & proverbialement, qu'"Un Barbier rase l'autre," Quand des gens d'une même profession se soutiennent ou se louent l'un l'autre.



2ème signification éditée en 1762 (dictionnaire de l'Académie Française)



en parlant d'Un édifice, d'un bâtiment, signifie, Abattre rez pied, rez terre. "Raser une maison. On rase rez pied rez terre, les maisons des criminels de Lèze-Majesté." On dit, "Raser une place," pour dire, En les fortifications. "Ces places ont été rasées avant que d'être rendues. Raser les défenses d'une place à coups de canon."



3ème signification éditée en 1762 (dictionnaire de l'Académie Française)



signifie figurément, Passer tout auprès avec rapidité. "Un coup de canon lui rasa les bords de son chapeau. Une balle lui rasa le visage;" on dit aussi dans le style familier, "Lui rasa la moustache." Et on dit d'Un vaisseau qui a effleuré un rocher, ou qui a passé tout auprès, qu'"Il a rasé le rocher. La galère rasa un écueil, & pensa périr."
On dit d'Une flotte, qu'"Elle rase la côte," pour dire, qu'Elle navigue le long de la côte.
On dit en termes de manége, qu'"Un cheval rase le tapis," pour dire, que Ses épaules ont peu de mouvement, & qu'il ne relève point en marchant.
On dit d'Un cheval, qu'"Il rase," qu'"il commence à ," Quand il ne marque presque plus; & dans ce sens il est neutre.
En termes de chasse, pour exprimer l'action d'une perdrix ou d'un lièvre qui se tapit le plus qu'il peut contre terre pour se cacher, on dit, qu'"Il se rase. Les perdrix se rasent quand elles apperçoivent l'oiseau. Ce lièvre étoit rasé dans son gîte." En ce sens il est réciproque.




Emplacement dans le dictionnaire :

rarissime
rarranger
ras
ràs
rasant
rascette ou rassette
rasé
rase
rasement

rasibus
rasoir
rassainir
rassasiant
rassasié
rassasier
rasse
rassemblé
rassemblement
rassembler
rasseoir




Quelques citations relatives :

Citation n°1 de Remy de GOURMONT (Esthétique de la langue française : la déformation, la métaphore, le cliché, le vers libre, le vers )

...sens abstrait, émerauder ou topazer ! le mot railler a la même origine latine que raser (radere, rasus, raticulare) qui a pris lui-même récemment un sens péjoratif ; on trouve en allemand scheren, raser, et scherzen, railler, en flamand scheren, raser, et scherts, raillerie. compter et conter. Dessein et dessin. Pupille. prunelle : on sait avec quel soin les grammairiens distinguent l'un de l'autre...


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Citation n°3 de Émile MOSELLY (Terres lorraines)

...plus son corps, confondu avec la couleur grisâtre de la terre. - bougez pas, fit-il à voix basse, cachez-vous bien. Et l'on entendit soudain un petit cri aigu, perçant, qui avait l'air de raser la terre, de partir des feuilles sèches doucement remuées. Par moments, cela se taisait, puis ce cri repartait, plus vif, comme si une souris se fût promenée d'un pas menu sur la terre. Tout à coup,...


Citation n°4 de Émile ZOLA (La Débâcle)

...une autre, et puis une autre, et puis une autre. L'héroïsme demeurait inutile, ces masses profondes d'hommes étaient comme des herbes hautes où chevaux et cavaliers disparaissaient. On avait beau en raser, il y en avait toujours. Le feu continuait avec une telle intensité, à bout portant, que des uniformes s'enflammèrent. Tout sombra, un engloutissement parmi les baïonnettes, au milieu des poitrines...


Citation n°5 de Edgar QUINET (Ahasvérus)

...pousse et j'entasse mes flots sans arriver jamais ; toujours n'entendrai-je que hennir mes vagues ; toujours ne verrai-je que moi dans mon immensité ? Hier quand un rayon de la lune en naissant vint raser par hasard la cime de mes flots, ce me fut une fète ; je crus que votre main caressait ma poitrine et voulait m'enchaîner avec un fil d'or, ou qu'une aile de flamme passait à travers mes crins...


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